Instruction en famille

Mon témoignage sur l’école à la maison

 

Pourquoi nous avons décidé d’arrêter l’école à la maison ?

Après avoir expérimenté une année d’instruction en famille, j’ai envie de partager notre expérience. Je dois avouer que je me sens un peu à contre-courant de tous ces témoignages sur l’école à la maison que j’ai pu lire ici et là. En me renseignant sur l’instruction en famille avant de partir en voyage, j’ai lu beaucoup de choses positives. Et ça m’arrangeait bien !
Il faut dire qu’il y a sur Internet, des défenseurs de l’instruction en famille vraiment très actifs. En les lisant, j’ai même eu l’impression que choisir l’instruction en famille allait sauver mon fils de l’enfer de l’école ! J’étais motivée et même emballée à l’idée de ce projet. Quelques personnes m’ont mise en garde, jamais de façon malveillante, mais je ne les ai écoutées que d’une oreille.

Loin de moi l’idée de vous déconseiller l’école à la maison. Par contre, j’ai bien envie de vous prévenir : ça n’est pas toujours facile, c’est même parfois la galère ! Mon témoignage sur l’école à la maison n’est qu’une expérience personnelle, mais il y a des chances pour qu’elle soit différente de ces belles expériences à côté desquelles vous ne pourrez pas passer.

 

 

Mon témoignage sur l’école à la maison

Il doit y avoir au moins autant de façon de faire l’école à la maison que d’enfants et de parents. Il y a ceux qui l’envisagent à long terme, par conviction ou pour des raisons médicales. Souvent l’un des deux parents se consacre entièrement à l’éducation et l’instruction des enfants. Il y a ceux qui partent faire un tour du monde par exemple, rarement plus d’une année. Pour eux, l’enjeu n’est pas le même. Il s’agit souvent d’une parenthèse d’une année, on est un peu plus détendu, on sait que l’enfant réintègrera ensuite son école. Et il y a les familles comme la nôtre, un peu entre les deux, qui voyagent sans savoir pour combien de temps !

Avant j’avais des principes, maintenant j’ai un enfant !

Vous avez sûrement déjà lu cette citation. Je la trouve très vraie ! On a toujours une idée de la façon dont on va gérer les choses. Et une fois dans l’action, on fait surtout comme on peut !
Je partais très confiante au sujet de l’école à la maison car, comme je viens de l’écrire, j’avais lu beaucoup de témoignages positifs et je m’étais préparée. L’idée plaisait aussi à notre fils, A1. J’étais sereine parce qu’il a toujours été un “bon élève”, autant dans les apprentissages que dans le comportement. Il n’y avait donc pas de raison que ça soit si différent avec nous. Et c’est là que je me suis bien plantée !

Pour résumer l’année scolaire 2017-2018 : elle a été très difficile les premiers mois, on a connu une embellie de janvier à avril et ça s’est à nouveau bien corsé en fin d’année. Au point d’envisager d’arrêter l’école à la maison.

 

 

Quelques pistes de réflexion

Si j’analyse notre « échec » (appelons un chat un chat), voilà ce que je retiens :

– Il faut être très disponible. Les fois où nous ne l’étions qu’à moitié ont toujours été chaotiques. En travaillant tous les deux, nous avions un planning assez serré et stressant, notamment le matin. C’est difficile d’interrompre un projet pro, de faire l’école et de se remettre dedans. Nous n’étions pas à 100% disponibles.
– Pour notre fils, je dirais que le problème majeur est que ses parents soient devenus ses profs. Si une personne extérieure était venue lui faire cours, je pense vraiment que ça se serait beaucoup mieux passé. Il est plutôt respectueux des autres, mais, va savoir pourquoi, très réfractaire à notre autorité 😅
– Sans frère et sœur à la maison et avec 2 parents qui travaillent, l’école à la maison peut isoler. Lorsque nous étions à l’île Maurice, il y avait la famille et les amis. Mais en Malaisie, au Vietnam et en Thaïlande, nous avons fait très peu de rencontres. À l’inverse, à Bali il s’est fait des copains facilement même avant d’aller à l’école, notamment dans la guesthouse où nous vivons.
– J’ai quand même l’impression que plus les enfants sont jeunes au moment où ils découvrent l’instruction en famille, plus il y a de chances pour que ça roule.
– J’imagine aussi que ça fonctionne mieux quand un des parents n’a pas d’activité professionnelle. On ne réalise pas l’énergie qu’il faut déployer pour une heure d’instruction ! La patience est durement mise à l’épreuve, tout comme la sérénité…
– Il faut être capable de sortir du cadre de l’école classique et être souple. Se dire que si on ne fait pas de français tel jour, ni le lendemain, ça n’est pas dramatique. Je pense que JM et moi, pour des raisons différentes, prenons l’école beaucoup trop au sérieux. On s’est mis, et on lui a sûrement mis, une belle pression !

 

 

Formatés par l’école et la société

Contrairement à d’autres, nous n’avons pas fait le choix de l’école à la maison par conviction. C’était un choix adapté à notre situation mais ça ne veut pas dire que nous ne croyons pas en l’école traditionnelle. Il y a beaucoup de choses à améliorer, certes, mais tout n’est pas à jeter non plus. Même si elle est loin d’être parfaite, JM et moi ne sommes pas parvenus à envisager l’école vraiment différemment de celle qu’on a connue. Nous avons été élevés dans un environnement où l’école était la seule façon de « réussir ». Peut-être nous aurait-il fallu plus d’une année pour nous « désintoxiquer » de l’école traditionnelle, parents comme enfant ! Mais on a baissé les bras avant, parce qu’à côté de l’école à la maison, il y avait nos transitions professionnelles, tout aussi importantes. Constatant que nous n’y arrivions pas, nous avons préféré trouver une autre solution, quitte à donner une nouvelle tournure à ce voyage en se posant plusieurs mois à Bali et en cherchant une école où inscrire A1.

Alors, l’école à la maison, plus jamais ?

Après ce témoignage sur l’école à la maison je vais peut-être vous surprendre, mais malgré cette expérience pour le moins mitigée, je ne dis pas plus jamais l’école à la maison ! D’ailleurs, A1 n’est pas fermé et il ne semble pas du tout l’avoir vécu comme nous (tant mieux). Pour tout vous dire, nous n’avons pas complètement arrêté. Et oui, chaque semaine on fait une petite leçon de français. Je craignais qu’il perde un peu ses acquis car actuellement il ne va pas dans une école francophone… Peut-être que certains diront que j’en fais encore trop, ne me jugez pas 😉

On verra où l’avenir nous porte et comment nous arriverons à intégrer l’instruction à notre projet de voyage. Mais l’école à la maison avec une intervention extérieure, un tuteur ou des cours par correspondance, pourquoi pas. Je pense que ça fonctionnerait bien mieux si A1 avait des « comptes à rendre » à quelqu’un d’extérieur et pas à ses parents.

 

 

Un nouveau concept

Comment peut-on être une famille nomade et inscrire son enfant à l’école ? Et bien je ne sais pas, c’est un nouveau concept ! A1 va à l’école mais nous n’envisageons pas d’arrêter de voyager pour autant. Nous ne savons pas encore comment va se dérouler la suite du voyage mais on vous tient au courant bien sûr 🙂

L’IEF n’étant plus vraiment d’actualité, je vais devoir renommer une partie de mon Blog ! Et je vous propose de consacrer le prochain article à l’école… à Bali !

D’ailleurs, si vous vous interrogez sur l’école à Bali, n’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire ou par mail, j’y répondrai avec plaisir.

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3 Comments

  • Reply
    Tiphanya
    03/12/2018 at 15:06

    Ma fille n’est jamais allée à l’école (elle a 7 ans) et je prends toujours des pincettes pour parler de notre expérience car notre quotidien ne peut absolument pas être comparé à celui d’une famille qui descolarise les enfants.
    Par contre je te rejoins sur le côté solitude, personnellement chercher des familles à rencontrer est ce qui me demande le plus de temps dans notre facon de faire l’ief.

    • Reply
      Nomadic Bernique
      03/12/2018 at 15:25

      Je crois que la comparaison est un peu instinctive… Nous même en tant que parents, nous avons comparé notre façon de faire avec la façon dont on nous a enseigné à l’école, parce que c’était notre point de repère. Je pense que ça ne nous a pas aidé 😬 Désormais je connais d’autres réalités, mais parfois entre la théorie et la mise en pratique il y a un gouffre !
      Si nous reprenons un jour l’IEF (pas tout de suite hein 😅) j’appréhende le côté solitude, surtout que notre fils n’est pas du tout du genre solitaire ! Ta fille n’a pas non plus de frère et soeur ?

      • Reply
        Tiphanya
        04/12/2018 at 22:21

        Enfant unique aussi. Du coup petite les rencontres éphémères au parc suffisait, mais ensuite elle a voulu plus. La on commence à arriver à un âge intéressant pour lui permettre des échanges avec des copains via Skype. Mais ce n’est possible qu’avec les gens qui ont une vie proche de la notre car sinon le décalage est trop important.
        Heureusement il y a de plus en plus de famille nomade (même si actuellement nous ne le sommes plus totalement).

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