Ecole&voyage

Pourquoi faire l’école à la maison ?

Cette année, la rentrée scolaire avait un goût assez particulier. Le fiston a fait sa rentrée des classes comme tous les enfants, mais voilà, dans moins de 3 semaines il quittera définitivement son école pour faire l’école à la maison !

La décision de faire l’école à la maison

Depuis plusieurs mois, nous nous posons la question de sa future scolarité pendant notre voyage. Ça fait partie intégrante de la préparation du voyage ! Il est en fin de cycle élémentaire. Même si nous pensons rester plusieurs mois dans chaque pays, il n’est pas vraiment envisageable de l’inscrire et de le changer d’école à chaque trimestre ! Il s’adapte vite, mais faut pas pousser 😉

Comme beaucoup de voyageurs, nous avons décidé de faire l’école à la maison, ou plutôt nous avons fait le choix de l’instruction en famille. La nuance ? Au risque de faire bondir les experts de ce domaine, je dois avouer que je ne suis pas sûre de l’avoir saisie.  Excusez-moi, je débute !

Pour vous donner une idée, voici ce que l’instruction à domicile représente en France :

➡️ 0,3% des enfants en âge d’être scolarisé en France sont donc instruits à domicile, on peut dire que ça reste marginal !

Quel modèle d’instruction choisir ?

Il existe plusieurs façons d’instruire son enfant à la maison :

  •  L’enseignement à distance

Le CNED est de loin l’organisme le plus populaire, mais il y en a d’autres comme les cours Legendre, l’école Ker Lann, etc.

Le principal avantage que j’y vois : parents et enfants disposent d’un programme clé en main.

Mais l’inconvénient en optant pour ces organismes est que le programme est très lourd. Il y a officiellement 8 matières et il faut compter en moyenne 6h d’enseignement par jour, sans compter les devoirs à rendre et le coût.

Grâce à une maman vadrouilleuse, j’ai découvert l’existence du CNEEL : une classe virtuelle recréée à distance. Il y a un enseignant et une dizaine d’élèves par classe au maximum.

L’avantage que j’y vois : un travail en quasi autonomie (surtout à 9 ans).

L’inconvénient : les avis sur le Cneel sont partagés… et le prix est un peu élevé en ce qui nous concerne !

  •  L’instruction en famille (IEF)

On se base sur le programme de l’éducation nationale pour enseigner les matières, mais on le fait à notre façon, plus librement. Peut-être que si notre fils n’a pas compris une leçon on pourra y passer 2 jours et qu’au contraire, s’il a rapidement compris, on passera à autre chose. Et s’il a une passion pour les capsules de bières (hum!), dans l’exo de maths on en profitera pour remplacer les bonbons que Pierre à voler à Paul par des capsules !

Les avantages que j’y vois : plus de liberté, on s’adapte au rythme de l’enfant

L’inconvénient : le temps de préparation ! À nous, parents, d’organiser le planning, savoir quel cours proposer et quels exercices donner.

  • Le unschooling

Et enfin, il y a un dernier mode d’instruction que j’ai découvert en mettant un peu le nez dans tout ça, c’est le unschooling. Ce que j’en ai compris : on oublie l’école, le programme, les cours, les matières. L’enfant choisit ce qu’il veut apprendre. L’adulte n’impose rien, il ne dirige pas l’apprentissage… Nous ne prendrons pas cette voie qui à mon avis demande de disposer d’énormément de temps, ce qui n’est pas notre cas. Je ne suis donc pas vraiment allée plus loin.

Le fiston fait ses devoirs par terre

Chacun à sa propre vision du confort.

 

Ce qui fait un peu flipper à l’idée de faire l’école à la maison

Si je devais résumer :

  • peur de ne pas y arriver (on est pas des profs !). Déjà que quand on fait les devoirs on s’arrache parfois les cheveux… Et s’il y mettait de la mauvaise volonté ?
  • peur de risquer son “avenir”. Ben oui, s’il redouble à cause de nous ce serait ballot.
  • peur de manquer de temps. C’est vraiment ce que je crains le plus, les projets pro ne manquent pas de notre côté, la barque est déjà bien chargée !
  • peur qu’il s’ennuie, qu’il manque d’autonomie. Et du coup, peur qu’il nous sollicite beaucoup !
  • peur d’être jugé. Ben oui, aussi. déscolariser son enfant ce n’est pas rien ! Il faut assumer face à ceux qui ne comprennent pas ce choix. Il s’il ne vous écoute pas ? Et la socialisation ?!

Alors oui, nous avons choisi de faire l’école à la maison, mais pas sans se poser de questions ! J’ai une amie qui pratique l’IEF depuis 10 ans et qui m’a déjà beaucoup rassurée par rapport à toutes ces craintes (👋 Kriss !). J’ai également eu un rendez-vous avec la maîtresse d’A1 cette semaine. Elle était totalement décontractée par rapport à ça. En mode “les maths et le français bien sûr, mais le reste ça se fera tout seul, relax Max !”

Le fiston fait ses devoirs, avec vue sur les palmiers

Les devoirs à faire pendant les dernières vacances à Maurice ! Barreaux aux fenêtres mais vue sur les palmiers.

Le choix que nous allons faire pour notre fils

Dans l’idéal, nous voudrions prendre le temps de bien intégrer le programme de CM2, d’organiser un emploi du temps sur l’année, de se répartir les matières et de prévoir les cours et les exercices en amont. Ouais, dans l’idéal, mais on sait très bien que ça ne se passera pas comme ça !

Parce nous ne serons ni en vacances, ni en congé sabbatique, nous allons tous les deux travailler. Et nous n’avons pas vraiment idée du temps que cette préparation peut prendre au quotidien, ni du temps que cet apprentissage va prendre à notre fils. L’avantage est que nous sommes deux et prêt à nous investir. Mais comment caser ce temps dans nos emplois du temps respectifs, c’est LA question !

Le CNED : je ne nous vois pas tellement donner à notre fils le programme des 8 matières et hop, débrouille toi avec ça… J’imagine qu’il faudra tout autant l’accompagner. Si le programme est lourd ça risque de nous prendre également beaucoup de temps. Sans compter que ça a un coût non négligeable.

Et le CNEEL ? C’est tentant mais trop cher à mon goût…

Conclusion : nous n’avons pas encore réussi à trancher ! Et on part dans moins de 3 semaines, oui, oui… MAIS il y a les vacances de la Toussaint ce qui nous donne un petit délai de réflexion supplémentaire… On vous tient au courant 🙂

 

➡️ Si vous avez eu l’occasion de faire l’école à la maison, si vous êtes enseignant (j’ai beaucoup de copines profs !) ou si vous pensez avoir de bons conseils, n’hésitez pas à les partager avec nous. Je pense que nous allons en avoir bien besoin 🙂

 

Je reviens par ici puisque nous avons fait notre choix et, après quelques semaines, voici un premier bilan !

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  • Free diver
    29/09/2017 at 00:16

    La pression monte!

  • Mondet Gwenaëlle
    29/09/2017 at 09:45

    Il y a des très bons sites avec des exercices autocorrectifs en ligne par exemple en maths Iparcours CM2 (manuel et jeux en ligne, rappel de leçon sur le programme de l’éducation nationale). Un très bon support également les ceintures de conjugaison, grammaire… ça prend peu de place (site Charivari) qui permet à l’enfant d’évoluer à son rythme, de devenir acteur de ses apprentissages mais également de le motiver à avancer. Pour la lecture, Rallye lecture en ligne. Si besoin je peux donner des docs.

    • Nomadic Bernique
      29/09/2017 at 10:33

      Coucou Gwen ! Merci de tes conseils, hop Charivari à l’école dans mes favoris. Ewan a participé à des rallye lecture en classe l’année dernière ça lui a plu, je note ça aussi ! Il a une super maîtresse cette année qui m’a donné la liste des livres que la classe va étudier et me donnera les fiches de lecture. Elle veut garder le contact en Ewan et la classe, c’est sympa.
      Merci en tout cas, je garde ton @ mail au chaud 🙂

  • kriss
    29/09/2017 at 10:21

    Pas le CNED, ça c’est ma seule certitude.
    Les profs ne sont pas impliqués, les réponses mettent des semaines à arriver pour une simple question (alors que quand on a le nez dans le guidon, on veut la réponse de suite), très cher, et très très chargé, beaucoup plus de des cours normaux. Les devoirs à renvoyer, très contraignant.

    L’instruction en famille et l”école à la maison, je ne comprends pas la nuance non plus.

    Mais pendant les fameuses vacances de la Toussaint, vous venez à la maison et on en parle. Tu vas voir, ça va aller.

    • Nomadic Bernique
      29/09/2017 at 14:40

      Coucou Kriss, tu m’avais donné ton avis sur le Cned et j’ai lu ici et là des échos similaires donc je pense qu’on va laisser tomber cette option et faire à notre sauce. Avec quand même un livre de Français et un livre de maths + les ressources pédagogiques que toi et d’autres personnes m’ont conseillé. Je sais que ça va le faire mais je stresse un peu quand même ! On anticipe les vacances de la Toussaint d’une semaine en fait, et on sera aux Seychelles 🙂 Mais la deuxième semaine on sera là (je bosse mais pas le weekend ni les jours fériés!). A très vite!

  • Tiphanya
    29/09/2017 at 15:26

    C’est marrant cette idée que le unschooling demande du temps, je trouve que c’est l’inverse par rapport à une approche plus formel. C’est à dire que dans le formel le parent instruisant doit la veille s’assurer d’avoir compris ce qui va être vu le lendemain et d’avoir le matériel. En unschooling, on cherche avec l’enfant directement, cela fait parti du temps d’instruction. Et surtout le moindre musée, la moindre rencontre est source d’enseignement.
    Bon courage dans votre réflexion.

    • Nomadic Bernique
      29/09/2017 at 21:44

      Merci pour ton commentaire, et tu as sûrement raison ! Les quelques exemples que j’ai lu montrait des familles où les parents, enfin quand même le plus souvent la maman, ne travaillaient pas et consacraient l’essentiel de leur temps à leur enfant. Évidemment nous passerons du temps avec lui mais le fait d’avoir une activité pro tous les deux à côté impose des contraintes de temps que j’imagine incompatible avec le unschooling. Et je me trompe peut-être! Bon, je pense aussi que nous sommes beaucoup trop formaté par le système scolaire actuel pour passer de l’école publique à du unschooling ! On serait paumé nous comme lui 🙂 Les choses se feront certainement naturellement, on verra bien ce qui s’imposera à nous.

  • Antoine
    29/09/2017 at 18:13

    Moi ce qui me ferait peur, c’est plus comment on gère le fait qu’il n’aura plus de lien social avec des enfants de son âge au quotidien ?
    Ewan se pose-t-il cette question ?
    Comment envisagez vous du coup la sociabilasisation au quotidien ?
    Bizarrement, je ne suis pas trop inquiet pour l’enseignement.

    • Nomadic Bernique
      29/09/2017 at 21:47

      Toi ici?! Ca fait très plaisir 🙂
      Bien sûr c’est aussi un point essentiel. Mais ça me stresse moins. A Maurice il y a les cousins, les copains, les possibilités de l’inscrire à des activités. Mais après pendant le voyage c’est vrai que ça se compliquera peut-être. Heureusement ce n’est pas un grand timide, on l’encouragera à aller vers les autres, puisque nous aussi on a envie de faire des rencontres !

    • kriss
      03/10/2017 at 05:29

      Alors je pense que c’est la question qu’on me pose le plus depuis 10 ans. Comment il fait pour le lien social ? (souvent posée par une maman dont les 2 ou 3 enfants viennent la solliciter 15 fois par minute et restent accrochés à sa jupe pendant que moi je ne sais pas très bien où il a encore disparu…)
      Rien que la semaine dernière, mon fils de 11 ans, en homeschooling depuis la GS, a eu 2 copains qui sont venus jouer à la maison lundi, un autre qui est venu mercredi, puis il est parti 2 jours chez un autre de vendredi matin à samedi soir, et dimanche, un barbecue où ils étaient une dizaine. Le fait de ne pas fréquenter justement que des enfants de son âge à heure fixe (les récrés) et imposés (on ne choisit pas ses camarades de classe) fait que Ronan passe autant de temps, sans distinction, avec des 6 ans, des 14 ans, des 11 ans, des 8 ans, etc.
      Quand au lien social, il se fait aussi avec la boulangère, le coiffeur, les gens dans la rue, les pécheurs sur la plage, les touristes de passage…. C’est ça la vraie société. Ce n’est pas d’être enfermés et d’aller jouer quand la cloche sonne.
      Et le mieux of the best, ce sont les voyages ! Rencontrer des modes de vie différents, des gens différents, créer des liens, même éphémères, c’est ça la vraie vie.
      Bref, quand ma fille était en IEF, il y avait plein (trop !) d’enfants à la maison. Quand elle est retournée à l’école, des codes se sont mis en place et on n’a plus vu personne à la maison pendant des années… Là, en terminale, ça revient un peu.
      L’école ne sociabilise pas, c’est tout le contraire.

      • Nomadic Bernique
        04/10/2017 at 23:43

        C’est ce qui inquiète le plus ma maman, je vais lui faire lire ton com 😀

  • Maman
    24/11/2017 at 21:55

    J’ai lu!

  • Caroline
    10/02/2019 at 18:12

    Bonjour à tous,

    Comme j’envisage de mettre ma fille qui est en 3eme et en phobie scolaire, Pourriez-vous parler argent svp ? Combien coûte mensuellement les différentes formules d’enseignement à distance ? En sachant que je ne veux surtout pas jouer les professeurs. Je veux bien l’aider (pas le choix), mais pas me substituer.

    D’autre part, Est ce vrai qu’il y a une enquête sociale lorsque l’on veut mettre son enfant en enseignement à distance ?

    • Nomadic Bernique
      11/02/2019 at 02:20

      Bonjour Caroline,

      Je ne suis pas la mieux placée pour en parler car nous n’avons pas choisi l’enseignement à distance via un organisme. Nous avons nous-même enseignés à notre fils pendant une année scolaire seulement et maintenant il est retourné à l’école. Il y a sûrement des forums ou des groupes qui sauront vous répondre. Comme nous sommes partis à l’étranger il n’y a pas eu de visite à domicile pour s’assurer que l’enseignement se passait bien, mais effectivement il y a normalement des contrôles.

    • Catherine
      01/03/2019 at 22:01

      Bonsoir,
      Venant juste de commencer l’IEF en cours de 6ème pour mon fils (Asperger + phobie scolaire), je peux vous dire qu’il n’y a pas d’enquête sociale à proprement parler = la mairie vient constater que l’on est en état de santé compatible avec l’instruction à domicile ainsi que nos motivations pour quitter l’école classique (tous les 2 ans) + l’inspection académique vient vérifier que l’on instruit effectivement son enfant et les méthodes pédagogiques employées (une fois/an).
      Ni l’une ni l’autre ne sont en droit de demander vos diplômes, salaires… ni de visiter l’intégralité du domicile hormis le lieu dédié à l’instruction. Le contrôle pédagogique n’implique pas une obligation de résultats mais seulement de moyen !
      Pour ma part, j’ai choisi d’instruire mon fils moi-même (via livres scolaires, ressources internet…) sans CPC. D’après mes recherches, le CNED coûte environ 900 euros à l’année (version libre) ; en version réglementée (si handicap reconnu, phobie scolaire +/- selon les inspect° académiques) les frais sont alors quasiment pris en charge. Je crois que les autres cours par correspondance sont plus chers.